Bolivie : "Si Evo avait un utérus, l'avortement serait nationalisé"

Proposé le 12 décembre 2009
Localisation : Amérique du sud

SYNOPSIS

Elles sont lesbiennes, prostituées, Indiennes, femmes de ménage. Elles ont assiégé une banque pendant 100 jours, participé au renversement d'un président, certaines ont même fait de la prison.

Aujourd'hui elles s'en prennent à Evo Morales, premier président indigène triomphalement réélu à la tête de la Bolivie.

Elles sont déçues, révoltées de son désintérêt pour la condition des femmes et des "oubliés du néo-libéralisme", et le lui font savoir par leurs graffitis essaimés dans La Paz: "Eve ne sortira pas de la cuisse d'Evo", ou encore "On ne peut décoloniser sans dépatriarcaliser".

Les "Mujeres creando", collectif "anarcha-féministe" fondé en 1992, se revendiquent non-racistes, hétérogènes et indépendantes. Elles prônent l’émancipation des femmes par l’éducation, à la sexualité notamment, loin des clichés de victimisation. Petit à petit, elles ont affirmé leur identité et leurs revendications par la créativité: des tags aux happenings musclés en passant par la rédaction d'une Constitution féministe de Bolivie.

Agitatrices de rue ou de plateaux télé, les "Mujeres creando" font aujourd'hui partie intégrante du paysage politique et intellectuel bolivien. Gare à Evo le macho s'il ne satisfait pas leurs demandes...